Du WEF à Alstom : le double jeu cynique de Macron

Emmanuel Macron n’en finit plus de se poser en rempart contre les dérives unilatérales des États‑Unis. Au World Economic Forum 2026 à Davos, il a notamment dénoncé les tactiques commerciales américaines comme des « pressions », voire de la « coercition », et appelé à défendre le multilatéralisme contre ce qu’il qualifie implicitement de la « loi du plus fort ». Pourtant, derrière cette posture de grand défenseur de l’ordre international, se cache une politique intérieure et économique profondément contradictoire — marquée par un affaiblissement systémique de la base industrielle française.

Critiquer Washington, mais avoir vendu le cœur industriel de la France

Sur la scène internationale, Macron appelle l’Europe à ne pas céder face aux menaces américaines et à utiliser des mesures de rétorsion économique pour défendre ses intérêts. Une ligne ferme qui sonne bien dans les discours… mais qui contraste fortement avec l’héritage de sa propre politique industrielle.

🏭 L’exemple d’Alstom

En 2014, alors ministre de l’Économie, Emmanuel Macron a validé la vente de la branche Énergie du groupe industriel Alstom à l’américain General Electric, une opération considérée par de nombreux observateurs comme une braderie d’un fleuron stratégique français.
Cette branche, qui représentait une part majeure du chiffre d’affaires d’Alstom et employait des dizaines de milliers de salariés en France, a été cédée au géant américain dans des conditions qui continuent de susciter des lésions politiques, sociales, et judiciaires.

Perte de souveraineté industrielle : la France a laissé partir une activité stratégique dans le domaine de l’énergie et des turbines nucléaires, vitales pour la sécurité énergétique.
Conséquences sociales : plusieurs milliers d’emplois ont été supprimés, et les engagements de création d’emplois n’ont pas été tenus.
Suspicion de conflits d’intérêts : des voix politiques ont évoqué un possible « pacte de corruption » autour de cette opération et des liens entre les parties prenantes et les soutiens financiers de Macron.

Ce dossier Alstom est devenu un symbole de la désindustrialisation française plutôt que d’un redressement économique.

Olivier Marleix sur RTL qui parle du dossier Alstom et les zones d’ombres..

Alstom n’est qu’un élément d’un tableau beaucoup plus large : sous Macron et les gouvernements successifs, plusieurs dizaines, voire des centaines, de fleurons industriels ont été cédés ou délocalisés, affaiblissant durablement le tissu productif français.

Source : https://www.lesechos.fr/finance-marches/ma/alstom-technip-doliprane-en-dix-ans-les-etats-unis-se-sont-offert-plus-de-130-milliards-de-dollars-de-fleurons-francais-2147587

Macron se présente aujourd’hui comme le défenseur d’une Europe affirmée face aux États‑Unis — dénonçant les pressions, les taxes, et la domination commerciale.
Mais ses décisions passées sur l’industrie française, loin de renforcer la souveraineté nationale, ont affaibli des pans entiers de l’économie productive. L’écart entre le discours international et les actes nationaux alimente une crise de crédibilité : ce que certains voient comme une posture politique cohérente est, pour d’autres, un double standard flagrant, voire une hypocrisie stratégique.

Son bilan industriel pose ainsi une question essentielle : peut‑on réellement défendre la souveraineté économique d’un pays quand on a soi‑même facilité la vente de ses principales armes industrielles ?

Son passif avec les etats unis ?

Avant d’être ministre, puis président, Emmanuel Macron a bénéficié en 2006 du Marshall Memorial Fellowship, un programme du German Marshall Fund of the United States (GMFUS) : une institution américaine dédiée à promouvoir la coopération transatlantique entre l’Europe et les États‑Unis.

Ce programme est conçu pour immerger de jeunes Européens prometteurs dans la vision politique, économique et sociale américaine, en développant des réseaux au sein de l’establishment transatlantique et en favorisant une compréhension positive des structures de pouvoir de Washington.

👉 Ainsi, Macron a tissé très tôt des liens avec des acteurs américains et a été exposé à une vision du monde largement centrée sur les intérêts transatlantiques — bien avant d’être élu à l’Élysée.

Pour des critiques, cela illustre une orientation intellectuelle et stratégique profonde : loin d’être un simple autodidacte en politique internationale, Macron a été formé dans un cadre qui valorise l’intégration européenne dans l’ordre mondial piloté, entre autres, par les élites américaines.

10 ans plus tard…

En septembre 2025, Emmanuel Macron a reçu le Global Citizen Award 2025 décerné par l’Atlantic Council, un think tank américain influent proche de l’establishment transatlantique, lors d’une cérémonie à New York pendant l’Assemblée générale des Nations unies. Il faisait partie des trois lauréats, aux côtés du président argentin Javier Milei et du président de la FIFA Gianni Infantino.

CONCLUSION

L’« hypocrisie Macron » se manifeste de façon criante dans ce décalage entre les discours internationaux et les réalités domestiques. Sur la scène internationale, il se pose en défenseur du multilatéralisme face à Washington. Mais dans les faits, son action politique a souvent renforcé la dépendance économique française à des intérêts étrangers, notamment américains, tout en étant justement récompensé par un prix américain qui valorise cette même ouverture globaliste.

Article à completer.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut