L’instrumentalisation politique de la peur

Une premiĂšre mondiale, le confinement

Pour la premiĂšre fois au monde, des millions de personnes ont Ă©tĂ© confinĂ©s Ă  leur domicile lors de la crise du Covid-19. Pendant les grandes Ă©pidĂ©mies de peste au Moyen Âge et au XVIIIe siĂšcle, le confinement tel que nous l’avons connu en 2020, n’existait pas. À ces Ă©poques quand une ville Ă©tait atteinte de la peste, elle perdait jusqu’à 20, 30 et parfois 40 % de sa population. Le vecteur principal en Ă©tait la puce et non pas le rat comme on le pensait qui « faisait des ravages de contagion dans les quartiers populaires oĂč le parasitisme Ă©tait le plus dense. (
) Il fallait, si possible, fuir ou Ă  dĂ©faut, isoler et s’isoler Â», explique l’historien Jean Delumeau (1978). Il n’y avait quasiment rien pour lutter contre la maladie. Aussi, on s’en remettait Ă  Dieu en invoquant les saints de la peste, Saint SĂ©bastien et Saint Roch, censĂ©s protĂ©ger de la contagion. On pensait que « la peste Ă©tait une punition du Ciel, qu’il fallait conjurer Ă  l’aide de priĂšres, jeĂ»nes, processions Â» (Delumeau, 1978). Du jour au lendemain, le commerce et l’artisanat s’arrĂȘtaient, les tavernes, les auberges, les Ă©glises fermaient. Les habitants se barricadaient chez eux. Certains Ă©taient sĂ©questrĂ©s de force dans leur maison dĂ©clarĂ©e suspecte de contagion et surveillĂ©e par un gardien voire « enclouĂ©e ou cadenassĂ©e Â» (Delumeau, 1978). Ceux qui transgressaient les rĂšgles en allant dans les lieux de divertissement, Ă©taient pourchassĂ©s par la population qui les accusait d’ĂȘtre des semeurs de peste.

Marseille isolait en quarantaine sur l’üle de Jarre au Sud de la ville, les bateaux en provenance d’Orient pour endiguer de possibles Ă©pidĂ©mies, ce qui avait fait dĂ©faut en 1720. Un bateau dont des marins Ă©taient dĂ©cĂ©dĂ©s pendant le voyage, avait Ă©tĂ© autorisĂ© Ă  entrer dans le port sans quarantaine et Ă  dĂ©charger dans l’infirmerie de la ville les ballons de tissus infestĂ©s de puces.

MĂȘme pendant les Ă©pidĂ©mies de cholĂ©ra, quand les malades Ă©taient mis en quarantaine dans des lazarets ou des lĂ©proseries, qu’il Ă©tait interdit de sortir d’une ville ou d’y entrer, le confinement d’une population saine n’a jamais Ă©tĂ© imposĂ©. Les gens se dĂ©plaçaient souvent armĂ©s : la peur de la contagion Ă©tait telle que l’autre devenait un ennemi qu’on pouvait abattre.

L’Argentine a connu le confinement le plus long au monde du 20 mars au 20 octobre 2020, laissant la population dans un grand dĂ©nuement matĂ©riel, sans aucune aide de l’état.

Or, combien de personnes ont eu ce sentiment d’isolement, de panique pendant l’épidĂ©mie de Covid-19 quand malades, on leur disait de rester chez eux en prenant du Doliprane et d’appeler les urgences uniquement en cas d’étouffement ? Les personnes ĂągĂ©es enfermĂ©es dans les maisons de retraite, jugĂ©es trop vieilles pour ĂȘtre hospitalisĂ©es, ont Ă©tĂ© traitĂ©es sur simple suspicion de Covid-19 au Rivotril soi-disant Ă  titre compassionnel, qui amĂšne au dĂ©cĂšs rapidement. Le 28 mars 2020, le dĂ©cret n°2020-360 du Premier ministre applicable jusqu’au 11 mai 2020, suivi d’un dĂ©cret du 31 mai 2020 et d’un troisiĂšme du 16 octobre 2020 indique : « â€Š (le) Rivotril sous forme injectable peut faire l’objet d’une dispensation par les pharmacies d’officine en vue de la prise en charge des patients atteints ou susceptibles d’ĂȘtre atteints par le SARS-CoV-2 dont l’état clinique le justifie, sur prĂ©sentation d’une ordonnance mĂ©dicale portant la mention ‘’Prescription hors AMM (Autorisation de Mise sur le MarchĂ©) dans le cadre du Covid-19’’ Â». Le Rivotril est une benzodiazĂ©pine, un sĂ©datif donnĂ© pour l’épilepsie et contre-indiquĂ© en cas de dĂ©tresse respiratoire qu’il aggrave (cf. notice du Vidal). « Entre mars 2020 et mars 2021, les 48 000 ampoules de Rivotril vendues par les pharmacies en excĂšs par rapport Ă  la norme reprĂ©sentent la possibilitĂ© de 24 000 dĂ©cĂšs ‘’accĂ©lĂ©rĂ©s’’. Et l’on ne connaĂźt pas le nombre de doses dĂ©livrĂ©es directement par les hĂŽpitaux Â», d’aprĂšs le statisticien Pierre Chaillot (2023).

Jean Giono dans Le Hussard sur le toit (1951) situe l’action de son roman pendant l’épidĂ©mie de cholĂ©ra en Provence en 1832 Ă  travers Angelo Pardi, colonel de hussards en fuite de son PiĂ©mont natal. Les morts jonchaient les rues, les cadavres Ă©taient entassĂ©s dans des charrettes, avant d’ĂȘtre brĂ»lĂ©s sur de grands bĂ»chers des heures durant, une odeur pestilentielle envahissant l’air. Ce spectacle d’horreur engendrait une vĂ©ritable terreur dans la population. Face Ă  un tel flĂ©au, des bouc-Ă©missaires Ă©taient dĂ©signĂ©s : les voyageurs, les Ă©trangers, les marginaux, les lĂ©preux, les Juifs, qui pouvaient ĂȘtre massacrĂ©s.

Les causes de l’épidĂ©mie allaient de la pollution de l’air, provoquĂ©e par des phĂ©nomĂšnes cĂ©lestes (comĂšte, conjonction de planĂštes, etc.) d’aprĂšs la FacultĂ© de MĂ©decine de Paris en 1350, Ă  la colĂšre de Dieu irritĂ© par les pĂ©chĂ©s des hommes, en passant par les semeurs de contagion qui rĂ©pandaient volontairement la maladie. Par la suite, la grippe espagnole en 1918, celles de 1957 et de Hong-Kong en 1968, pourtant trĂšs meurtriĂšres, n’ont pas gĂ©nĂ©rĂ© dans le monde un ensemble de mesures sanitaires aussi coercitives.

Une mise en scĂšne dramaturgique de la peur

Nous avons assistĂ© Ă  une mise en scĂšne dramaturgique de la peur Ă  l’aide d’une propagande gouvernementale en manipulant l’opinion publique, que ce soit avec le port du masque obligatoire mĂȘme dans les espaces ouverts pour des personnes en bonne santĂ© ; l’auto-attestation en France, seul pays au monde Ă  l’avoir imposĂ©e, que nous devions signer pour sortir au printemps 2020 dans un rayon d’un kilomĂštre, dix kilomĂštres en octobre 2020 ; l’injonction « Faites-vous vacciner sinon vous tuerez vos parents, vos grands-parents ! Â» a amenĂ© quantitĂ© de personnes en bonne santĂ© Ă  se faire injecter, alors qu’elles n’étaient pas Ă  risque. Des chiffres alarmistes Ă©grenĂ©s tous les jours qui se focalisaient sur le nombre de cas infectĂ©s (mais asymptomatiques pour la majoritĂ©) du fait du dĂ©pistage massif (et des faux positifs aux tests PCR), ont contribuĂ© Ă  entretenir la peur du Covid-19 dans le grand public. Les seconde, troisiĂšme, quatriĂšme supposĂ©es vagues Ă©pidĂ©miques annoncĂ©es dans les mĂ©dias mainstream qui seraient dues soi-disant au comportement irresponsable de la population, Ɠuvraient Ă  la panique gĂ©nĂ©rale. Or, elles n’ont jamais existĂ© : « (
) nous avons assistĂ© Ă  l’invention par des scientifiques renommĂ©s de la thĂ©orie de la vague en lien direct avec la thĂ©orie du confinement. Mais cette thĂ©orie n’a pas Ă©tĂ© validĂ©e par les faits Â», d’aprĂšs l’épidĂ©miologiste Laurent Toubiana (2022). L’épidĂ©mie s’étirait avec des cas rĂ©siduels, le nombre de dĂ©cĂšs ayant chutĂ© considĂ©rablement dĂšs l’automne 2020. Les diffĂ©rents rebonds par la suite ne pouvaient pas ĂȘtre attribuĂ©s Ă  une autre vague mais Ă©taient dus aux mutations du coronavirus, Ă  l’apparition de variants, que les injections Ă  ARNm ont favorisĂ©es Ă©galement.

Le 25 octobre 2020, l’infectiologue Didier Raoult de l’Institut Hospitalier Universitaire-MĂ©diterranĂ©e Infection de Marseille expliquait que ce n’était pas la mĂȘme Ă©pidĂ©mie car le virus avait connu des mutations. Un variant appelĂ© Marseille1 Ă©tait arrivĂ© par bateaux du Maghreb l’étĂ© mais qui n’avait pas durĂ© et venait du SĂ©nĂ©gal oĂč il avait dĂ©jĂ  changĂ©. La forte mutation du coronavirus sera confirmĂ©e fin 2020-dĂ©but 2021 avec la dĂ©tection de variants en Angleterre, au BrĂ©sil, en Afrique du Sud et en Inde, Ă©ventuellement plus contagieux mais moins lĂ©taux que le SARS-CoV-2 d’origine et Omicron fin 2021. « Il n’y a pas eu de rebond, sinon le rebond aurait eu lieu de partout Â», d’aprĂšs le professeur Didier Raoult. Laurent Toubiana expliquait Ă©galement (Sud Radio, 5 octobre 2020) : « On ne peut pas parler de deuxiĂšme vague Ă©pidĂ©mique lorsqu’il faut trois Ă  quatre mois pour atteindre le niveau en mars, d’une seule semaine Â».

Le docteur en biologie molĂ©culaire Jean-Marc Sabatier et la journaliste Estelle FougĂšres (2024) estiment Ă  « deux millions de personnes touchĂ©es en France (dix-sept millions en Europe, et officiellement soixante-cinq millions dans le monde) par les diverses pathologies de la Covid-19, que ces pathologies rĂ©sultent de l’infection par le virus, de la vaccination, ou d’une combinaison des deux Â». Dans le chapitre 5 « Pathologies induites par la Spike virale ou vaccinale – le Covid long viral ou vaccinal Â», ils expliquent : « Les personnes atteintes du Covid long peuvent prĂ©senter une variĂ©tĂ© de symptĂŽmes (…) Â», les plus frĂ©quents Ă©tant « les troubles du systĂšme nerveux Â», « du systĂšme cardio-vasculaire Â», « du systĂšme respiratoire Â», « du systĂšme immunitaire Â» et « du systĂšme urinaire Â» dĂ» au « dysfonctionnement du systĂšme rĂ©nine-angiotensine (SRA), et non directement le virus lui-mĂȘme Â» (Sabatier, FougĂšres, 2024). À cela, s’ajoutent les troubles menstruels dus aux injections dont souffrent de nombreuses femmes (cf. le collectif OĂč est mon cycle ?).

Le scĂ©nario de l’épidĂ©mie repose sur quatre piliers dĂ©finis par le sociologue Laurent Mucchielli (2022) :

– Une pandĂ©mie menace soudainement la survie de l’humanitĂ© entiĂšre.

– Il n’existe aucune thĂ©rapeutique pour guĂ©rir les malades.

– Il faut confiner la totalitĂ© des populations.

– La dĂ©livrance viendra uniquement d’un vaccin.

Le discours est politique, contestable d’un point de vue scientifique et antidĂ©mocratique en excluant toute remise en cause de la narration, mĂȘme minime. Il est toujours d’actualitĂ© en 2025 pour amener la population française Ă  se faire injecter.

Le masque de la peste noire

InventĂ© en Italie au XVIe siĂšcle, le masque de la peste noire protĂ©geait socialement et psychologiquement les mĂ©decins en les rendant reconnaissables pour la population. Cet ancĂȘtre du masque avait la forme d’un long bec de corbeau bourrĂ© de thym, de camphre et de clous de girofle censĂ©s protĂ©ger des odeurs des corps en dĂ©composition et ressemblait Ă  un oiseau car on pensait que la contamination se faisait par les airs et les volatiles. Les mĂ©decins Ă©taient souvent pris Ă  partie par les foules qui leur reprochaient d’introduire la maladie et d’ĂȘtre les messagers de la mort. Ils tenaient une canne Ă  la main qui leur permettait de retourner un cadavre Ă  distance car le danger de la contagion Ă©tait trĂšs grand. Ces masques et leur accoutrement ne servaient pas Ă  grand-chose et ils furent abandonnĂ©s lors des Ă©pidĂ©mies de cholĂ©ra au XIXe siĂšcle, dont la transmission se faisait par les eaux souillĂ©es et non pas au contact des corps. Leur vision a hantĂ© l’imaginaire et inspirĂ© la terreur pendant des siĂšcles en rappelant aux populations qu’il y a danger de mort.

Des injonctions paradoxales trĂšs anxiogĂšnes

Les injonctions contradictoires ont Ă©tĂ© nombreuses : l’immense majoritĂ© de la population n’était pas touchĂ©e par le Covid-19 mais la maladie Ă©tait prĂ©sentĂ©e comme mortelle ; pendant les confinements, il fallait rester chez soi et en mĂȘme temps prendre les transports en commun pour aller travailler, faire les courses. Tous les commerces de proximitĂ©, salles de spectacle et de sport Ă©taient clos tandis que l’accĂšs aux espaces confinĂ©s, mĂ©tros, bus, trains, grandes surfaces, restaient ouverts ; le masque au dĂ©but servait uniquement pour les soignants et les malades, ensuite il Ă©tait obligatoire au prĂ©texte de protĂ©ger les autres et soi-mĂȘme ; les tests n’étaient d’abord rĂ©servĂ©s qu’aux patients hospitalisĂ©s puis, Ă  la population jeune comme ĂągĂ©e avec un dĂ©pistage massif provoquant une ruĂ©e sur les laboratoires d’analyses par ceux paniquĂ©s Ă  l’idĂ©e d’ĂȘtre infectĂ©s.

Une Ă©pidĂ©mie de tests, peu fiables avec de nombreux faux positifs, a entretenu la peur du Covid-19 et un nouveau concept a Ă©tĂ© créé « le malade asymptomatique Â», un non malade mais dĂ©signĂ© comme tel. « (
) les personnes testĂ©es positives Ă©taient majoritairement en bonne santĂ©, on les a appelĂ©es pour le besoin de communication ‘’asymptomatiques’’, remettant ainsi au goĂ»t du jour la cĂ©lĂšbre formule du docteur Knock ‘’Tout bien portant est un malade qui s’ignore’’ » (Chaillot, 2023). IsolĂ©es, interdites de visites, les personnes ĂągĂ©es en institutions au prĂ©texte de les protĂ©ger, ont vu leur Ă©tat de santĂ© physique et mentale s’aggraver. Par la suite, on pouvait dans un cafĂ© consommer assis Ă  une table mais pas debout au bar.

Une injonction paradoxale est apparue : soit les « vieux Â» mourraient et les jeunes vivaient, soit les premiers survivaient et les seconds se sacrifiaient pour eux. Or, ni l’un ni l’autre n’a eu lieu. Les jeunes ont payĂ© un lourd tribut avec les restrictions de vie amicale et sociale et les personnes ĂągĂ©es isolĂ©es et « verrouillĂ©es Â» dans les EHPAD (Établissements Hospitaliers pour Personnes ÂgĂ©es DĂ©pendantes) ont Ă©tĂ© abandonnĂ©es Ă  leur sort. Les restrictions de visites en EHPAD Ă©taient maintenues et rĂ©duites Ă  une demi-heure par semaine derriĂšre une vitre en plexiglas, alors que les personnes ĂągĂ©es Ă©taient massivement vaccinĂ©es au motif de les protĂ©ger soi-disant des formes graves du Covid-19. La psychologue Marie de Hennezel (« L’épidĂ©mie de Covid-19 porte Ă  son paroxysme le dĂ©ni de mort Â», Le Monde, 4 mai 2020) parle de « folie hygiĂ©niste Â» qui entraĂźne des conditions inhumaines faites aux plus ĂągĂ©s et met Ă  mal le respect des droits des personnes en fin de vie. Par ces mesures d’interdiction de visites et d’isolement dans des structures institutionnelles aseptisĂ©es, on en arrive Ă  « empĂȘcher (la personne ĂągĂ©e) de vivre les derniĂšres joies de sa vie, voir ses enfants, les embrasser, voir ses amis, continuer Ă  Ă©changer avec eux Â».

Le nombre de suicides et de dĂ©pressions d’étudiants et de trĂšs jeunes enfants a explosĂ© en quelques mois : « La pandĂ©mie de Covid-19 a contribuĂ© Ă  l’augmentation des suicides chez les enfants et les adolescents Â», d’aprĂšs la psychiatre amĂ©ricaine JosĂ©phine Elia dans « Comportement suicidaire chez l’enfant et l’adolescent Â», Le Manuel MSD, septembre 2023. En France en 2021, 18 % des jeunes de quinze Ă  trente-quatre ans ont dĂ©clarĂ© avoir souffert de troubles dĂ©pressifs au cours des douze derniers mois (EnquĂȘte de l’Institut National de la Statistique et des Études Économiques, « Augmentation des troubles dĂ©pressifs chez les jeunes en France Â», Journal Officiel SĂ©nat, 6 juillet 2023, 4 233) ; aussi celle des myocardites et des pĂ©ricardites dues aux injections qui les touchent prioritairement, confirmĂ©e par l’étude ‘’Covid-19 vaccines and adverse events of special interest : A multinational Global Vaccine Data Network cohort study of 99 millions vaccinated individuals’’, Revue Vaccine, 12 fĂ©vrier 2024. Les chercheurs ont montrĂ© un risque accru de myocardite chez les jeunes hommes ĂągĂ©s de seize Ă  vingt-quatre ans ; que les individus vaccinĂ©s avec des vaccins Ă  ARNm prĂ©sentent un risque deux fois plus Ă©levĂ© de dĂ©velopper une myocardite ou une pĂ©ricardite que les non-vaccinĂ©s.

Il Ă©tait interdit de se promener en forĂȘt, sur la plage, Ă  la montagne, toute activitĂ© physique empĂȘchĂ©e, au nom du principe de prĂ©caution censĂ© maintenir en vie. Seul rester chez soi pour une population majoritairement saine Ă©tait prĂ©conisĂ©, en dĂ©pit de toute mesure sanitaire de bon sens.

Les discours contradictoires n’ont pas manquĂ© tout au long de cette crise sanitaire, s’apparentant Ă  une double contrainte, issue des travaux sur la schizophrĂ©nie de l’École de Palo Alto (Californie) dans les annĂ©es cinquante, menĂ©s par l’anthropologue et linguiste amĂ©ricain Gregory Bateson et son Ă©quipe. « Cette ‘’technique de la confusion’’ est l’une des sources de la mythique thĂ©orie de la schizophrĂ©nie de Bateson – la schizophrĂ©nie comme façon de trouver une issue Ă  une intenable situation de double bind oĂč le sujet, soumis Ă  des injonctions contradictoires, est nĂ©cessairement condamnĂ© Â» (Manifeste conspirationniste, 2022).

La double contrainte est une situation dans laquelle une personne est soumise Ă  deux contraintes, une double pression, contradictoires ou incompatibles l’une avec l’autre. Si elle se trouve dans l’incapacitĂ© de communiquer sur le sujet, le problĂšme devient insoluble et gĂ©nĂšre des troubles et une souffrance mentale chez elle. Elle peut intervenir dans toute relation humaine comportant un rapport de domination, surtout dans la communication Ă©manant du ou des « dominants Â» avec des injonctions paradoxales. En s’opposant, celles-ci entraĂźnent une troisiĂšme contrainte, l’impossibilitĂ© de sortir de cette situation oĂč le paradoxe est imposĂ© et maintenu entre deux ordres, explicites ou implicites, intimĂ©s Ă  la personne qui ne peut satisfaire l’un sans violer l’autre. Elle se trouve dans l’obligation conjointe de devoir faire et ne pas devoir faire une mĂȘme chose (Bateson, 1956). Or, la politique du ‘’stop-and-go’’ avec des mesures qui changeaient en permanence, a atteint le moral des Français, toutes gĂ©nĂ©rations confondues. L’impact psychologique, psychosomatique et psycho-social induit par ces injonctions paradoxales avec le besoin de tout contrĂŽler par le gouvernement en dĂ©responsabilisant l’individu, a eu des rĂ©percussions dans la population bien plus nĂ©gatives que la maladie elle-mĂȘme.

La maltraitance institutionnalisée des enfants

Les enfants en France, dĂšs l’ñge de six ans du 29 octobre 2020 jusqu’au 14 mars 2022, ont dĂ» porter le masque Ă  l’école avec interdiction de le baisser, de huit heures trente Ă  seize heures trente, le soir jusqu’à dix-huit heures trente/dix-neuf heures lorsqu’ils vont Ă  l’étude et au centre de loisirs, avec une courte pause pour dĂ©jeuner d’un quart d’heure environ en Ă©tant sĂ©parĂ©s les uns des autres. Des enseignants en Ă©taient arrivĂ©s Ă  mettre du sparadrap autour du masque d’élĂšves qui ne le portaient pas correctement ou encore autorisaient Ă  l’aide de bons points ceux qui Ă©taient « sages Â» Ă  respirer quelques instants le masque baissĂ©. Dans les crĂšches, les tout-petits voyaient des puĂ©ricultrices masquĂ©es toute la journĂ©e qui limitaient leurs gestes afin de les toucher le moins possible. Or, l’expression du visage, la communication non verbale sont primordiales dans les premiers Ăąges de la vie avant l’acquisition du langage. Nous avons assistĂ© Ă  une vĂ©ritable maltraitance institutionnalisĂ©e Ă  l’encontre des enfants.

Le masque a Ă©tĂ© imposĂ© pour sa valeur symbolique et non pas sanitaire. « Les conditions dans lesquelles sont portĂ©s les masques pendant de longues pĂ©riodes sont potentiellement nĂ©fastes pour la santĂ©  (
) des Ă©tudes sĂ©rieuses l’ont montrĂ© Â» (Toubiana, 2022). Il est d’abord une façon de museler la parole publique, de mettre la personne Ă  distance physique de l’autre, en rĂ©duisant Ă  nĂ©ant la communication non verbale. Il ne fallait plus s’approcher, se toucher, se parler Ă  dĂ©couvert, laisser libre cours Ă  ses Ă©motions qui passent par le sourire, les mimiques. L’autre devenait un danger pour soi et inversement. La mascarade des masques a Ă©tĂ© politique, entraĂźnant par le rappel visible de l’épidĂ©mie, la peur du Covid-19.

Les femmes dans les maternitĂ©s Ă©taient obligĂ©es d’accoucher masquĂ©es, entourĂ©es de soignants masquĂ©s dont l’enfant tout juste nĂ© ne voyait pas le visage de sa mĂšre. MalgrĂ© l’effort physique considĂ©rable, elles devaient sous leur masque, Ă©touffer « de peur du Covid Â». Nous pouvons nous interroger sur les rĂ©percussions psycho-affectives de cette maltraitance Ă  la fois pour l’enfant et la mĂšre Ă  un moment si charniĂšre de la vie.

Les Ă©lĂšves devaient faire des tests de dĂ©pistage tous les deux-trois jours ou alors ĂȘtre injectĂ©s et ont Ă©tĂ© stigmatisĂ©s des mois durant, alors que la profession d’enseignant fait partie de celles qui ont Ă©tĂ© les moins touchĂ©es par le Covid-19. « Les catĂ©gories professionnelles les moins Ă  risque sont, par ordre dĂ©croissant de risque, les employĂ©s civils et agents de service de la fonction publique, les employĂ©s administratifs de l’entreprise, les retraitĂ©s, les professions intermĂ©diaires administratives de la fonction publique, les personnels des services directs aux particuliers, les policiers et militaires, les professeurs des Ă©coles et instituteurs, les professions intermĂ©diaires administratives et commerciales de l’entreprise, les professeurs et professions scientifiques, et les agriculteurs Â» (« ComCor : Étude des facteurs sociodĂ©mographiques comportements et pratiques associĂ©s Ă  l’infection par le SARS-CoV-2 Â», Institut Pasteur en partenariat avec la Caisse d’Assurance Maladie, l’Institut Ipsos et SantĂ© Publique France, 1er mars 2021).

Une société dystopique

Le passe sanitaire/vaccinal a mis en place progressivement une sociĂ©tĂ© dystopique en recueillant les donnĂ©es d’état civil et personnelles des individus, en surveillant leurs dĂ©placements via les scans qu’ils effectuaient toute la journĂ©e, des inconnus non habilitĂ©s (vigiles et autres) ayant accĂšs Ă  des informations relevant du secret mĂ©dical. Certains Ă©taient persuadĂ©s que cette mesure hygiĂ©niste Ă©tait pertinente car elle allait les protĂ©ger de la maladie – bientĂŽt de toutes les maladies. « Le ‘’pass sanitaire’’ lui aussi, est tout sauf sanitaire. C’est un pass policier permettant de trier la population entre dociles et rebelles et d’assurer Ă  terme son traçage volontaire. C’est un pass comportemental grĂące auquel on peut forcer chacun Ă  tout et n’importe quoi sous la menace de lui retirer. C’est un pass financier visant Ă  faire un grand pas dans le sens de l’identitĂ© numĂ©rique individuelle sans quoi toutes les donnĂ©es produites par les interactions Ă©lectroniques, par tous les capteurs et objets connectĂ©s dont la 5G promet de saturer notre quotidien, sont presque sans valeur puisque sans support. (
) En ce sens, le but de la vaccination est bien le pass, et non l’inverse Â» (Manifeste conspirationniste, 2022).

Le passe sanitaire ne devait pas ĂȘtre obligatoire, il l’est devenu rapidement par dĂ©cret gouvernemental et pire encore, le passeport vaccinal a Ă©tĂ© imposĂ© en dĂ©cembre 2021 en France, seul pays d’Europe. Avec le passe, un grand pas a Ă©tĂ© franchi qui renvoie Ă  la sociĂ©tĂ© de Surveiller et punir du philosophe Michel Foucault (1975). Le regard et la surveillance Ă©taient partout Ă  l’image du Panopticon de Jeremy Bentham (1791) qui est la figure architecturale des prisons. Dans cette structure est en permanence regardĂ© celui qui ne voit pas mais qui sait qu’il est observĂ© et surveillĂ©. Il est mis en situation d’auto-contrĂŽle permanent en gĂ©rant en partie son comportement, en pensant garder le pouvoir sur lui-mĂȘme. Ainsi, le dĂ©tenu est acteur de son enfermement. « Il ne doit jamais savoir qu’il est regardĂ© mais il doit ĂȘtre sĂ»r qu’il peut l’ĂȘtre Â» (Foucault, 1975). Certes, le QR Code n’est pas un compte Facebook ou Twitter, n’est pas une carte bancaire, n’est pas une carte vitale, n’est pas un passe Navigo, mĂȘme s’il s’y apparente et sera bientĂŽt une carte de fidĂ©lité  mais si l’on se rĂ©fĂšre aux mesures europĂ©ennes sur la mise en place prochaine de l’ID Wallet, le passeport numĂ©rique est bien un moyen de contrĂŽle efficace que l’Union EuropĂ©enne veut imposer aux citoyens.

Le QR Code qui Ă©tait le sĂ©same pour accĂ©der aux lieux publics renvoie Ă  cet univers panoptique du contrĂŽle hygiĂ©niste oĂč il faut rendre « les corps dociles Â» (Foucault, 1975), Ă  l’aide des injections Ă  ARNm rendues quasi obligatoires. C’est un outil politique qui a participĂ© de la peur gĂ©nĂ©ralisĂ©e. Au cours de l’ñge classique « cette grande attention portĂ©e alors au corps – au corps qu’on manipule, qu’on façonne, qu’on dresse, qui obĂ©it, qui rĂ©pond, qui devient habile ou dont les forces se multiplient (
) fut constituĂ© par tout un ensemble de rĂšglements militaires, scolaires, hospitaliers (
) pour contrĂŽler ou corriger les opĂ©rations du corps Â», a Ă©tĂ© imposĂ© pendant la crise du Covid-19 (masques, confinements, passes, tests, injections). « La discipline fabrique ainsi des corps soumis et exercĂ©s, des corps ‘’dociles’’ Â» (Foucault, 1975), que la peur du virus a rendu obĂ©issants.

Les non vaccinĂ©s ont Ă©tĂ© accusĂ©s d’avoir fait Ă©chouer la vaccination et Ă©tĂ© dĂ©signĂ©s comme des boucs-Ă©missaires. DĂ©but 2024, les non vaccinĂ©s via une campagne de communication gouvernementale, ont Ă©tĂ© intimĂ©s de porter le masque dans les lieux publics afin de protĂ©ger les personnes fragiles, au systĂšme immunitaire affaibli car « les injections anti Covid-19 ne les protĂšgent pas Â», en culpabilisant ceux qui les ont refusĂ©es. C’est bien « Un plan biologique oĂč l’assentiment au pacte social ne se fait plus verbalement, mais corporellement, oĂč l’injection prend le relais de l’injonction Â» (Manifeste conspirationniste, 2022), qui a Ă©tĂ© mis en place.

Trop d’incertitudes, d’incohĂ©rences que je nommerai une communication gouvernementale erratique, ont fragilisĂ© la population qui s’est en partie dĂ©shumanisĂ©e car privĂ©e de ses sens, de ses liens affectifs, de sociabilitĂ©. L’interdiction de communiquer a fait plus de dĂ©gĂąts que le Covid-19 lui-mĂȘme.

Libres d’obĂ©ir

Le procĂ©dĂ© de persuasion mis en place par les autoritĂ©s relĂšve de la mĂ©thode de management de Bad Harzburg en Basse-Saxe (Allemagne) initiĂ©e et enseignĂ©e par Reinhard Höhn, juriste sous le IIIe Reich, OberfĂŒhrer SS (gĂ©nĂ©ral) Ă  la fin de la guerre. Son Ă©cole accueillera l’élite Ă©conomique, patronale et de la Bundeswehr (armĂ©e) de la RĂ©publique FĂ©dĂ©rale Allemande, six cent mille cadres, appliquant la gestion des hommes par « le libre choix des moyens Ă  appliquer Â».

D’aprĂšs cette mĂ©thode, les salariĂ©s sont dirigĂ©s diffĂ©remment, ce sont des collaborateurs et non plus des employĂ©s au service de patrons. La lutte des classes est dĂ©passĂ©e car inappropriĂ©e et direction et personnel doivent travailler ensemble pour « la communautĂ© de production et de performance Â», le tout dans une bonne entente. Le collaborateur « libre et joyeux Â» est soi-disant « libre d’obĂ©ir Â». Son autonomie qui le responsabilise, annihile toute contestation des dĂ©cisions prises par la hiĂ©rarchie. Le chef se borne Ă  des directives en termes d’objectifs dont seul le rĂ©sultat compte pour les subalternes qui ont la libertĂ© d’agir de maniĂšre autonome. La responsabilitĂ© n’est plus unique mais en partie transfĂ©rĂ©e vers celui qui exĂ©cute et de façon perverse, la direction ne porte plus seule la responsabilitĂ© en cas d’échec. Nous sommes dans une injonction contradictoire qui est la libertĂ© d’obĂ©ir, tout en aliĂ©nant l’exĂ©cutant Ă  une pseudo libertĂ© d’agir pour laquelle il n’a pas le choix en fait.

Ce type de management est devenu quasi une religion d’état en Occident dans les annĂ©es quatre-vingt, d’aprĂšs l’historien Johann Chapoutot (2020) qui prĂ©cise « qu’il ne s’agit pas de dire que le management a des origines nazies – c’est faux, il lui prĂ©existe de quelques dĂ©cennies – ni qu’il est une activitĂ© criminelle par essence Â». Effectivement, le publiciste amĂ©ricain Edward Bernays avait innovĂ© ces mĂ©thodes au dĂ©but du XXe siĂšcle. « Incipit de Propaganda (Bernays, 1928) : ‘’La manipulation consciente et intelligente des actions et des opinions des masses est un Ă©lĂ©ment important dans une sociĂ©tĂ© dĂ©mocratique. Ceux qui manipulent ce mĂ©canisme invisible de la sociĂ©tĂ© constituent un gouvernement invisible qui est le vrai pouvoir dans notre pays. Nous sommes gouvernĂ©s, nos esprits sont formĂ©s, nos goĂ»ts sont Ă©duquĂ©s, nos idĂ©es sont suggĂ©rĂ©es, en grande partie par des hommes dont nous n’avons jamais entendu parler’’ Â» (Manifeste conspirationniste, 2022).

Ce management par l’assentiment, l’implication, l’engagement a Ă©tĂ© prĂ©conisĂ© aux populations lors de la campagne vaccinale oĂč chacun Ă©tait libre d’obĂ©ir ou non. La responsabilitĂ© du choix a Ă©tĂ© laissĂ©e Ă  l’individu mais, le choix Ă©tait truquĂ© : sans passe vaccinal, impossible pour certains de travailler (cf. les infirmiers, gendarmes, militaires, pompiers et autres salariĂ©s, suspendus pendant presque deux ans), de se dĂ©placer, de rendre visite Ă  des proches en institution, d’ĂȘtre soignĂ© Ă  l’hĂŽpital, etc. Les mesures imposĂ©es qu’elles aient Ă©tĂ© bonnes ou mauvaises, efficaces ou inopĂ©rantes, le collaborateur, ici la population qui les a appliquĂ©es et approuvĂ©es, a Ă©tĂ© tenu responsable de leur succĂšs ou coupable de leur Ă©chec (cf. ceux qui ont refusĂ© la vaccination).

Le mensonge érigé en vérité

Les autoritĂ©s auraient pu rassurer et non pas maintenir la population dans la peur. Occulter la vĂ©ritĂ© a créé encore plus d’effroi et d’incomprĂ©hension. C’est l’envers d’un savoir, l’envers d’un sentiment de sĂ©curitĂ© qui ont Ă©tĂ© donnĂ©s en Ă©change et l’envers d’une prescription, celle d’insĂ©curiser Ă  tort au lieu de rassurer. L’ensemble de la narration abondamment et sciemment choisie en s’éloignant toujours plus de la rĂ©alitĂ©, a fragilisĂ©, dĂ©stabilisĂ© les individus par un discours trompeur. Les « vaccins Â» ne protĂšgent pas des formes graves du Covid-19 comme une lĂ©gende urbaine l’a fait croire deux annĂ©es durant et provoquent des effets indĂ©sirables importants dans les populations majoritairement saines. « Les donnĂ©es anglaises montrent une mortalitĂ© plus forte pour les vaccinĂ©s que pour les non-vaccinĂ©s Â» (Chaillot, 2023).

La philosophe Hannah Arendt (1972) a bien analysé ces mécanismes :

La vĂ©racitĂ© n’a jamais figurĂ© au nombre des vertus politiques, et le mensonge a toujours Ă©tĂ© considĂ©rĂ© comme un moyen parfaitement justifiĂ© dans les affaires publiques. (…) Le mensonge est souvent plus plausible, plus tentant pour la raison que la rĂ©alitĂ©, car le menteur possĂšde le grand avantage de savoir Ă  l’avance ce que le public souhaite entendre. Sa version a Ă©tĂ© prĂ©parĂ©e Ă  l’intention du public, en s’attachant tout particuliĂšrement Ă  la crĂ©dibilitĂ©, tandis que la rĂ©alitĂ© a cette habitude dĂ©concertante de nous mettre en prĂ©sence de l’inattendu, auquel nous n’Ă©tions nullement prĂ©parĂ©s.

Elle Ă©voque l’« effrayante confiance des dirigeants totalitaires dans le pouvoir du mensonge – dans leur aptitude, par exemple, Ă  réécrire sans cesse l’histoire, Ă  adapter l’interprĂ©tation du passĂ© aux nĂ©cessitĂ©s de la ‘’ligne politique’’ du prĂ©sent ou Ă  Ă©liminer toutes les donnĂ©es qui ne cadrent pas avec leur idĂ©ologie Â». Or, au cours de cette crise, les mensonges n’ont pas manquĂ© Ă©galement sur la bithĂ©rapie du professeur Didier Raoult, sur l’Ivermectine, faussement accusĂ©es d’ĂȘtre toxiques au profit du Remdesivir, sur les essais cliniques de Pfizer aux rĂ©sultats falsifiĂ©s, sur l’amplification du nombre de morts et d’hospitalisĂ©s pour pousser aux injections, Ă  l’aide de mĂ©decins de plateaux tĂ©lĂ©visĂ©s aux conflits d’intĂ©rĂȘt patents avec l’industrie pharmaceutique. Jean-Marc Sabatier montre l’intĂ©rĂȘt thĂ©rapeutique des traitements antiviraux Hydroxychloroquine, Ivermectine via des Ă©tudes scientifiques, contrairement au Remdesivir Ă  l’« efficacitĂ© non confirmĂ©e et (aux) risques toxiques Â» (Sabatier, FougĂšres, 2024). La biostatisticienne Christine Cotton dans son rapport d’expertise sur l’essai clinique Pfizer sur le vaccin Ă  ARNm a identifiĂ© de nombreux biais et en a dĂ©duit que les rĂ©sultats annoncĂ©s, une efficacitĂ© de 95 % est non Ă©tablie, l’évaluation de la tolĂ©rance insuffisante, les donnĂ©es sur l’immunogĂ©nicitĂ© incomplĂštes, l’utilisation du vaccin pendant la grossesse et l’allaitement, sur les patients immunodĂ©primĂ©s ou avec des comorbiditĂ©s, lacunaire, les effets indĂ©sirables graves non signalĂ©s dans les rapports cliniques (https://christinecotton.com/expertises).

« Trente mille praticiens rĂ©partis dans trente-deux Centres Hospitaliers Universitaires (CHU) sur le territoire se sont partagĂ©s plus de quatre-vingt millions d’euros, plus quelques soixante dix-huit autres millions, versĂ©s au titre de conventions passĂ©es entre les CHU et les laboratoires pharmaceutiques Â», indique dĂ©but 2020 le Collectif Data + Local en recoupant les donnĂ©es de Base Transparence SantĂ© oĂč apparaissent les revenus rĂ©cents versĂ©s Ă  des mĂ©decins convoquĂ©s sur les plateaux TV.

MĂȘme si des mensonges ont pu ĂȘtre commis volontairement, un autre phĂ©nomĂšne est intervenu chez les responsables de tous bords, qui amĂšne Ă  cette idĂ©ologie politico-sanitaire qui est celui du lien qui existe entre tromperie et autosuggestion (Arendt, 1972), qui peut s’appliquer Ă  la gestion de la crise du Covid-19 en France par les autoritĂ©s. CoupĂ©es des rĂ©alitĂ©s contingentes, retranchĂ©es derriĂšre une bureaucratie toute puissante, aidĂ©es d’une armada de mĂ©decins et de trois conseils scientifiques vouĂ©s Ă  leur service, elles ont fini par se convaincre elles-mĂȘmes du bien-fondĂ© de leur politique sanitaire. Si l’on ajoute Ă  cela l’incapacitĂ© Ă  reconnaĂźtre ses torts, par orgueil dĂ©placĂ© – ce qui est trĂšs humain – on a un aperçu assez rĂ©aliste de la situation.

Une habile ingénierie sociale

Une ingĂ©nierie sociale trĂšs efficace a Ă©tĂ© dĂ©ployĂ©e auprĂšs des populations qui ont Ă©tĂ© manipulĂ©es en les infantilisant, en recourant abusivement aux Ă©motions Ă  l’aide d’images-choc de malades en rĂ©animation, couverts de tuyaux. On a créé des publics ignorants en ne leur donnant pas les moyens d’analyse suffisants pour comprendre l’épidĂ©mie, dont la lĂ©talitĂ© dans le monde est moins mortelle que la grippe saisonniĂšre. L’Institut Pasteur a Ă©valuĂ© le taux de mortalitĂ© gĂ©nĂ©rale du Covid-19 Ă  0,5 % avec une variation selon l’ñge allant de 0,01 % chez les moins de quinze ans Ă  5,66 % chez les quatre-vingt/quatre-vingt quatre ans. À titre de comparaison, la grippe chaque annĂ©e en France fait entre huit mille et quinze mille morts, mĂȘme chez les personnes vaccinĂ©es quand leur systĂšme immunitaire est affaibli.

L’auto-culpabilitĂ© a Ă©tĂ© utilisĂ©e : les individus sont responsables de la propagation du virus dĂ» Ă  leur manque de coopĂ©ration et de discipline. La population empĂȘche par sa faute, l’arrĂȘt de la contamination d’un virus dangereux que seule la vaccination vaincra. L’objectif est de bloquer la capacitĂ© critique et l’autonomie des personnes qui se trouvent dĂ©munies et dĂ©sorientĂ©es par un discours contradictoire, un pouvoir politique qui manipule grossiĂšrement les publics en les mettant en Ă©tat de sidĂ©ration. Le dĂ©ni volontaire des autoritĂ©s des effets secondaires et des dĂ©cĂšs importants des injections toujours actuel, fait partie aussi de la stratĂ©gie. Sur Eudravigilance en juin 2023, 1,2 millions d’évĂ©nements indĂ©sirables ont Ă©tĂ© dĂ©clarĂ©s uniquement pour le vaccin Pfizer dont 25 % graves, prĂšs de 100 000 effets indĂ©sirables cardiovasculaires par pays, sachant que la sous-Ă©valuation est importante et diffĂ©rente d’un pays Ă  l’autre. En SuĂšde, sept fois moins peuplĂ©e que la France, 60 000 cas ont Ă©tĂ© signalĂ©s, en France seulement 130 000 comparĂ©s aussi aux 125 000 des Pays-Bas, quatre fois moins peuplĂ©s.

Les chiffres de la peur

La narration de l’épidĂ©mie a Ă©tĂ© mise en scĂšne dĂšs 2020 par JĂ©rĂŽme Salomon, le directeur gĂ©nĂ©ral de la santĂ©, qui Ă©grenait tous les soirs Ă  dix-neuf heures sur les chaĂźnes tĂ©lĂ©visĂ©es les chiffres des morts et hospitalisĂ©s du Covid-19, en grande partie inexacts comme le rapport de l’Agence Technique de l’Information sur l’Hospitalisation l’a montrĂ© par la suite. Un test positif suffisait pour ĂȘtre dĂ©clarĂ© mort du Covid-19, mĂȘme si la cause Ă©tait une autre maladie. Une guerre des chiffres a Ă©tĂ© menĂ©e pendant des mois afin de dramatiser l’impact de l’épidĂ©mie, qu’on peut qualifier « d’épidĂ©mie imaginaire Â», entretenue par des chiffres falsifiĂ©s que le rĂ©seau national Sentinelles, composĂ© de mille mĂ©decins et deux cents pĂ©diatres qui ont effectuĂ© un travail collectif avec l’UniversitĂ© de La Sorbonne, l’Institut National de la SantĂ© et de la Recherche MĂ©dicale et SantĂ© Publique France, ont dĂ©montrĂ©s. MĂȘme lorsque les personnes hospitalisĂ©es Ă©taient nĂ©gatives au test PCR, elles n’ont pas Ă©tĂ© retirĂ©es des listes de cas positifs. Les chiffres ont Ă©tĂ© inĂ©vitablement gonflĂ©s, falsifiĂ©s. Les hĂŽpitaux auraient Ă©tĂ© dĂ©bordĂ©s alors qu’à plus de 50 % cela n’a pas Ă©tĂ© le cas, sachant que tous les hivers les services sont surchargĂ©s Ă  cause de l’épidĂ©mie de grippe. Les autres pathologies (accidents vasculaires cĂ©rĂ©braux, crises cardiaques, cancers, diabĂšte) n’ont plus Ă©tĂ© prises en charge pendant des mois. Des malades ont Ă©tĂ© comptabilisĂ©s dĂ©cĂ©dĂ©s du Covid-19 et non pas avec, tout simplement car hospitalisĂ©s pendant l’épidĂ©mie, alors que leur dĂ©cĂšs Ă©tait dĂ» Ă  une autre cause. Les cabinets de mĂ©decins ont Ă©tĂ© dĂ©sertĂ©s par peur de l’épidĂ©mie, ces derniers Ă©tant accessibles dans le meilleur des cas, uniquement en visio-consultation.

Les mĂ©decins de ville ont Ă©tĂ© interdits de soigner avec des traitements antiviraux, leur parole bĂąillonnĂ©e, menacĂ©s d’ĂȘtre suspendus ou radiĂ©s par le Conseil National de l’Ordre des MĂ©decins. La consigne Ă©tait : « Restez chez vous et prenez du Doliprane, tant que vous arrivez Ă  respirer. Si ça s’aggrave on vous transportera Ă  l’hĂŽpital Â». Ainsi, quantitĂ© de patients faute de soins, sont dĂ©cĂ©dĂ©s Ă  leur domicile ou une fois hospitalisĂ©s en Ă©tant mis sous respirateur dont le taux de survie est de 50 % environ. Les mĂ©decins de ville ont Ă©tĂ© Ă©cartĂ©s d’office des soins en ne pouvant pas prendre correctement en charge leurs patients en amont. La libertĂ© de prescrire qui est dans le Code de la santĂ© pour la premiĂšre fois dans l’histoire leur a Ă©tĂ© enlevĂ©e, celle aussi de se faire soigner selon son choix a Ă©tĂ© dĂ©niĂ©e aux patients, du fait des restrictions de dĂ©placement et des consignes de rester Ă  domicile en cas de contamination avĂ©rĂ©e. Or, le Covid-19 qui est une maladie Ă  coronavirus comme la grippe se traite bien quand elle est prise Ă  temps. Les mĂȘmes consignes ont Ă©tĂ© appliquĂ©es en EHPAD au prĂ©texte que le Covid-19 ne se soigne pas (cf. protocole Rivotril). Un climat de terreur entretenu avec le rĂ©cit systĂ©matique de l’aggravation de l’épidĂ©mie, a montrĂ© que « l’évĂ©nement doit d’abord ĂȘtre une histoire (a story) avant de devenir un Ă©vĂ©nement communicationnel Â», d’aprĂšs le sociologue britannique Stuart Hall (1973).

Make a story

L’idĂ©e est de mettre en scĂšne l’information sous forme de petites histoires ‘Make a story’ avec une intrigue (le Covid-19), des personnages (les cas asymptomatiques, les malades, les morts), des lieux (la France par rĂ©gion, l’étranger), une suite d’évĂ©nements Ă  rebondissements (l’affaire du Lancet, les deuxiĂšme… onziĂšme supposĂ©es vagues mortelles, les variants qui se succĂšdent, l’état d’épidĂ©mie permanent), qui constituent ce que j’appelle un docu-fiction ; documentaire car appuyĂ© sur une rĂ©alitĂ© : il y a bien eu des dĂ©cĂšs du Covid-19 et fiction car Ă©crit comme un scĂ©nario de film noir avec des contre-vĂ©ritĂ©s mais, qui le rendait crĂ©dible au regard de la politique sanitaire appliquĂ©e. Ne restait le choix au citoyen que soit d’entrer de plain-pied dans la narration proposĂ©e, en se terrant effrayĂ© chez soi, ou bien de chercher l’information ailleurs pour essayer de se faire sa propre idĂ©e sur la question.

Le matraquage quotidien d’informations centrĂ©es uniquement sur le Covid-19 a saturĂ© l’espace mĂ©diatique au dĂ©triment d’autres informations. Une lassitude, ajoutĂ©e Ă  une mĂ©fiance grandissante sur les donnĂ©es dĂ©livrĂ©es du fait des changements de « doctrine Â» permanents (sur les masques, le taux d’efficacitĂ© des injections, etc.) ont brouillĂ© les pistes et les esprits. Il fallait faire un effort de contextualisation, de tri de l’information pour comprendre les enjeux mĂ©diatico-politiques du moment mais qui n’était pas Ă  la portĂ©e de tous.

Les modĂ©lisations basĂ©es sur des algorithmes aux prĂ©dictions mortelles apocalyptiques du bio-mathĂ©maticien Neil Ferguson de l’Imperial College de Londres y ont largement contribuĂ©. Sur la base d’un modĂšle mathĂ©matique inexact, N. Ferguson a conduit de nombreux pays dans le monde entier au confinement, considĂ©rant que c’était « l’option politique privilĂ©giĂ©e Â» qui devait amener Ă  rĂ©duire le nombre de dĂ©cĂšs liĂ©s au Covid-19. « Les modĂšles mirifiques de l’Imperial College, qui ont servi Ă  justifier la grande rĂ©clusion de mars 2020, prĂ©disaient pour la SuĂšde, en cas de non-confinement, jusqu’à 90 000 morts pour la premiĂšre annĂ©e. Les statistiques officielles n’en ont finalement enregistrĂ© que 13 500 Â» (Manifeste conspirationniste, 2022). Or, les nombreux dĂ©gĂąts collatĂ©raux induits par cette mesure politique et non pas sanitaire, ont Ă©tĂ© dĂ©montrĂ©s par la suite scientifiquement. L’épidĂ©miologiste amĂ©ricain John Ioannidis dans une Ă©tude ‘’Assessing mandatory stay-at-home and business closure effects on the spread of Covid-19’’’, European Journal of Clinical Investigation, 5 janvier 2021, a montrĂ© que le confinement et la fermeture des entreprises n’apportent rien de plus en termes de baisse de contamination mais a eu l’effet inverse en favorisant les contaminations d’un mĂȘme foyer, sans parler des innombrables dĂ©gĂąts collatĂ©raux Ă©conomiques et sanitaires.

Le citoyen avait le choix d’adhĂ©rer Ă  la narration ou bien de s’informer en se faisant sa propre opinion, au risque d’ĂȘtre traitĂ© de complotiste, conspirationniste.

DĂšs le 16 mars 2020, l’allocution aux Français d’Emmanuel Macron que je qualifie de « rhĂ©torique guerriĂšre Â», a instrumentalisĂ© politiquement l’épidĂ©mie.

Une rhétorique guerriÚre

Le prĂ©sident a utilisĂ© les termes guerrier (sept fois), luttons, armĂ©e.s (trois fois), ennemi, mobilisation gĂ©nĂ©rale, combat (deux fois), en premiĂšre ligne (deux fois), sacrifices, force, abnĂ©gation patriote, gagnerons-aurons gagnĂ© (deux fois), l’hĂŽpital de campagne militaire, l’appel Ă  s’unir face au danger adverse dans une mobilisation gĂ©nĂ©rale qui rappelle les pires heures de la PremiĂšre Guerre mondiale. Ainsi, le chef de l’État s’est positionnĂ© en chef des armĂ©es prĂȘt au combat. Or, le virus, mĂȘme s’il est invisible, insaisissable est un organisme vivant mais pas un ĂȘtre humain ni un ennemi. Les infirmiers, les mĂ©decins de ville se trouvaient en premiĂšre ligne dans un combat qui va leur demander (de l’) Ă©nergie, dĂ©ployant dans une abnĂ©gation patriote toute leur force d’ñme (sans moyens), se sacrifiant pour la Nation (qui) soutiendra ses enfants. Le paternalisme qu’induit cette citation est consternant via cette harangue Ă  la solidaritĂ©, l’union nationale pour une guerre que nous gagnerons face Ă  cet ennemi masquĂ© qui attaque la France et met en danger de mort nos compatriotes. Il est fait allusion Ă  une union nationale qui a permis Ă  notre pays de surmonter tant de crises par le passĂ© (lesquelles ?).

Ce registre guerrier s’est Ă©tendu Ă  l’ensemble des discours politiques, que ce soit AgnĂšs Buzyn, l’ancienne ministre de la santĂ©, qui parlait de « tsunami Â» qui allait tout dĂ©truire sur son passage, des dirigeants qui Ă©taient « en mode combat Â» ou encore d’elle-mĂȘme qui Ă©tait « au front tous les jours Â». Les premiĂšre, deuxiĂšme, troisiĂšme « vagues Â» Ă©voquĂ©es dans les mĂ©dias, utilisaient le mĂȘme paradigme comme la Task Force europĂ©enne mise en place (AgnĂšs Pannier-Runacher, communiquĂ© de presse gouvernemental, chaĂźnes nationales publiques, 3 dĂ©cembre 2020) pour « vaincre le virus Â», « s’immuniser contre les peurs Â» avec « un vaccin contre la peur Â» (Olivier VĂ©ran, Ibid.), Ă  l’aide d’une « coalition Â» des alliĂ©s europĂ©ens, du « gouvernement mobilisĂ© Â», la vaccination Ă©tant « une arme nouvelle qui s’ajoute Â» (Jean Castex, Ibid.). « La peur du vaccin n’arrĂȘtera pas le virus Â» qui sera combattu grĂące Ă  « une stratĂ©gie vaccinale Â», « une campagne de vaccination Â» et un « dĂ©ploiement de tests antigĂ©niques Â» (VĂ©ran, Castex, Ibid.), tout vocabulaire renvoyant Ă  la rhĂ©torique guerriĂšre.

Le couvre-feu imposĂ© a une forte connotation guerriĂšre Ă©galement. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il a Ă©tĂ© gĂ©nĂ©ralisĂ© par la Wehrmacht dans les territoires occupĂ©s dĂšs le 14 juin 1940 de vingt heures Ă  six heures du matin jusqu’au 25 aoĂ»t 1944, mais pas de façon linĂ©aire. Pendant la bataille d’Alger (7 janvier-9 octobre 1957), il faisait partie en AlgĂ©rie et en mĂ©tropole des mesures prĂ©conisĂ©es par la doctrine de la guerre contre-insurrectionnelle. C’est lors de la manifestation pacifique contre le couvre-feu imposĂ© Ă  tous les Français musulmans d’AlgĂ©rie qu’a eu lieu le massacre du 17 octobre 1961 dans les rues de Paris, qui a fait entre trente-huit et deux cents morts et plusieurs centaines de blessĂ©s (estimation). La rĂ©pression s’était poursuivie par l’incarcĂ©ration de manifestants dans des centres d’internement.

MĂȘme la maire de Paris, Anne Hidalgo, le 10 janvier 2021 dans Le Journal du Dimanche se plaignait de la lenteur de la vaccination : « Avec de telles carences, le DĂ©barquement de juin 1944 aurait Ă©chouĂ© ! ».

Une thérapie de choc

L’ingĂ©nierie sociale qui a Ă©tĂ© habilement mise en place, a plongĂ© les populations dans un Ă©tat de sidĂ©ration voire de terreur face Ă  une maladie peu lĂ©tale. Les masques, l’inflation de tests PCR aux nombreux faux positifs, la catastrophe sanitaire due aux injections Ă  ARNm, les importants dĂ©cĂšs de malades qui n’ont pas Ă©tĂ© soignĂ©s quelle que soit leur pathologie, la censure imposĂ©e Ă  tout dissident, l’interdiction aux mĂ©decins de terrain de soigner, les Ă©tudes cliniques falsifiĂ©es, la corruption des laboratoires pharmaceutiques, des autoritĂ©s de santĂ© publique, des politiques, de l’Organisation Mondiale de la SantĂ©, de l’Agence EuropĂ©enne du MĂ©dicament, ont participĂ© Ă  la panique gĂ©nĂ©rale face Ă  un virus moins mortel que celui de la grippe saisonniĂšre.

Une stratĂ©gie du choc a Ă©tĂ© dĂ©ployĂ©e Ă  l’aide d’une pandĂ©mie auto-rĂ©alisatrice, qui a divisĂ© la sociĂ©tĂ© entre adeptes de la doxa et rĂ©sistants au discours mĂ©diatico-politique. La journaliste canadienne Naomi Klein (2020) montre que c’est pendant les pĂ©riodes de « crise rĂ©elle ou supposĂ©e Â» (sĂ©isme, tsunami, inondation, incendie, Ă©pidĂ©mie, etc.) que les gouvernements mettent en place un « traitement de choc Â» pour « produire des changements Â» que les populations n’accepteraient pas en temps normal. La rĂ©action Ă©motionnelle Ă  ces Ă©vĂ©nements « plonge la population dans un Ă©tat de choc collectif Â» oĂč « les sociĂ©tĂ©s abandonnent des droits que, dans d’autres circonstances, elles auraient dĂ©fendus jalousement Â». Au nom d’une improbable sĂ©curitĂ© qu’est le tout-sĂ©curitaire censĂ© rassurer, les libertĂ©s publiques sont abolies et cĂ©dĂ©es par les citoyens, tĂ©tanisĂ©s par la peur, avec une facilitĂ© dĂ©concertante. « Pour les idĂ©ologues nĂ©o-libĂ©raux, fascinĂ©s par les crises et les catastrophes apocalyptiques, c’est Ă  ce moment-lĂ  qu’il est possible de faire table rase du passĂ© Â» (Klein, 2020), et d’imposer leurs diktats liberticides sous prĂ©texte qu’en cas d’urgence et de catastrophe mondiale, la dĂ©mocratie ne peut plus s’appliquer, en ouvrant « de nouveaux territoires au libre marchĂ© Â» (Klein, 2020).

Les mesures prĂ©conisĂ©es ou imposĂ©es sont toujours prĂ©sentĂ©es comme bĂ©nĂ©fiques pour l’humanitĂ© (cf. les injections Ă  ARNm), alors que les intĂ©rĂȘts financiers des laboratoires pharmaceutiques en sont la premiĂšre motivation, mĂȘme s’il y en a d’autres. Une panoplie de restriction des libertĂ©s, sous peine d’amende ou de prison, a Ă©tĂ© le lot quotidien des Français pendant la crise du Covid-19. La pĂ©riode a Ă©tĂ© l’occasion de faire passer des lois Ă  l’AssemblĂ©e Nationale sous couvert de mesures d’urgence, votĂ©es en quelques heures, souvent en pleine nuit, avec une poignĂ©e de dĂ©putĂ©s dans l’hĂ©micycle, sans qu’il y ait une rĂ©elle opposition politique Ă  ces dĂ©rives anti-dĂ©mocratiques, le consensus gĂ©nĂ©ral Ă©tant le mot d’ordre pour la plupart des Ă©lus. « La thĂ©rapie de choc a justement pour objectif de permettre la rĂ©alisation rapide d’énormes profits – non pas Ă  cause de l’absence de lois, mais prĂ©cisĂ©ment grĂące Ă  elle Â» (Klein, 2020).

Aussi, ne sont pas conspirationnistes ceux que l’on croit mais bien ceux qui ont orchestrĂ© cette instrumentalisation politique de la peur qui a durablement portĂ© atteinte Ă  la dĂ©mocratie dans les pays occidentaux, de façon inquiĂ©tante.

Sources consultées

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Arendt, Hanna, Du mensonge à la violence. Essais de politique contemporaine, Paris, éd. Calman-Lévy, 1972.

Bateson, Gregory, Donald D., Jackson, Jay, Haley, John H., Weakland, 1956, Vers une Ă©cologie de l’esprit, Paris, Seuil, 1980.

Bernays, Edward L., 1928, Propaganda. Comment manipuler l’opinion en dĂ©mocratie, Paris, Ă©d. Zones, 2007.

Chaillot, Pierre, Covid 19 ce que rĂ©vĂšlent les chiffres officiels. MortalitĂ©, tests, vaccins, hĂŽpitaux, la vĂ©ritĂ© Ă©merge, Paris, Ă©d. L’Artilleur, 2023.

Chapoutot, Johann, Libres d’obĂ©ir. Le management du nazisme Ă  aujourd’hui, Paris, Gallimard, 2020.

Delumeau, Jean, La peur en Occident. XIVe-XVIIIe siĂšcles, Paris, Fayard, 1978.

Flores, Bettina, Didier Raoult, MĂ©decin rĂ©sistant ? Une enquĂȘte sociologique au cƓur de la crise politique et mĂ©diatique du Covid-19, Rotterdam, Pays-Bas, Ă©d. Mon Beau Livre, 2022 ; Chroniques de rue. 17 juillet 2021-23 juillet 2022, Rotterdam, Pays-Bas, Ă©d. Mon Beau Livre, 2023.

Foucault, Michel, Surveiller et punir, Paris, Gallimard, 1975.

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Hall, Stuart, Encoding and Decoding in the television discourse, Birmingham, University of Birmingham, 1973.

Klein, Naomi, 2008, La stratĂ©gie du choc. La montĂ©e d’un capitalisme du dĂ©sastre, Paris, Ă©d. Albin Michel, 2020.

Mucchielli, Laurent, La doxa du Covid, tome 1, Peur, santĂ©, corruption et dĂ©mocratie, Paris, Ă©d. Éoliennes, 2022.

Sabatier, Jean-Marc, FougÚres, Estelle, Covid long et effets indésirables du vaccin. Les mécanismes biologiques et les traitements prometteurs, Paris, éd. Guy Trédaniel, 2024.

Toubiana, Laurent, Covid 19 Une autre vision de l’épidĂ©mie. Ils ne pourront pas dire qu’ils ne savaient pas, Paris, Ă©d. L’Artilleur, 2022.

© Bettina Flores, 29 mai 2025.

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