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Venezuela, Iran, Ukraine : l’empire ne fait pas la guerre, il fait du chiffre

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Séquence complètement dingue dans le Bureau ovale. Interrogé sur le coût de la guerre contre l’Iran, Donald Trump balaie la question : « Tout argent que nous avons dépensé en Iran, nous l’avons plus que compensé avec ce que nous avons fait au Venezuela, en encaissant des centaines de milliards de dollars. » Ces propos ont été tenus le 30 octobre devant la presse, alors que le conflit avec l’Iran dure depuis sept mois..

La guerre comme placement financier

Pas un mot sur la sécurité, la démocratie ou les vies humaines. Le président parle de retour sur investissement : une guerre se « rembourse » avec le pétrole d’un autre pays.

Et même ses chiffres sont gonflés. D’après le Financial Times, Washington a récupéré environ 13 milliards de dollars de recettes pétrolières vénézuéliennes depuis la capture de Maduro en janvier, soit à peu près un dixième des montants avancés par Trump, qui dépasseraient plusieurs fois le PIB du Venezuela. Or le Pentagone chiffrait à lui seul la campagne contre l’Iran à environ 29 milliards de dollars. Le « remboursement » ne couvre même pas la facture.

Le même jour, Lockheed Martin décroche le jackpot

Le 30 octobre également, le Département d’État a validé la vente de 500 missiles Patriot PAC-3 à l’Ukraine pour environ 2,1 milliards de dollars, financés par le Canada, l’Allemagne et la Norvège via le programme américain JUMPSTART, ainsi que par des fonds ukrainiens adossés au prêt européen. Washington précise qu’aucun fonds américain n’est engagé dans cette vente.

Le contractant principal ? Lockheed Martin. Le groupe prévoit de tripler sa production de PAC-3 MSE d’ici 2030 et d’augmenter de moitié les effectifs de son usine de Camden, dans l’Arkansas. Cette seule commande équivaut à près de dix mois de production au rythme de 2025. Et même la défense d’un pays bombardé passe par la caisse : Zelensky disait attendre depuis près d’un mois le feu vert américain, alors que la Russie intensifie ses frappes sur les infrastructures énergétiques.

Trump n’a pas coupé le robinet, il l’a rendu payant

Celui qui fustigeait les milliards versés par Biden à l’Ukraine n’a jamais arrêté le flux d’armes américaines. Un programme américano-OTAN, le PURL, fournit aujourd’hui 95 % des missiles Patriot de l’Ukraine. La seule différence : sous Biden, le Pentagone payait lui-même les intercepteurs Patriot et NASAMS, comme avec l’enveloppe de 2,2 milliards débloquée en 2024. Sous Trump, ce sont les Européens et les Canadiens qui règlent l’addition. Les armes restent américaines, les usines restent américaines, les profits restent américains..

Au Venezuela, on se paie sur le pétrole. En Iran, on envoie la facture au Venezuela. En Ukraine, on l’envoie à l’Europe. Trois théâtres, une seule logique : la guerre doit rapporter.

L’arnaque ultime continue. Biden ou Trump, c’est pareil à la fin : l’empire, c’est le complexe militaro-industriel américain, rien d’autre.

La leçon est aussi simple que brutale : un empire n’a pas d’alliés, il a des clients, des débiteurs et des terrains d’opération. Et tant qu’on commentera le duel Trump-Biden comme un match de foot, on regardera le spectacle pendant que la vraie partie se joue ailleurs.
Les guerres se vendent avec des récits. Elles se comprennent avec des factures.

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L’auteur Baptiste
Rédacteur en chef de la Tribune Populaire. Tous ses articles

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