Huit ans après les faits, le volet judiciaire concernant les contrats de sécurité conclus par Alexandre Benalla avec des oligarques russes demeure toujours sans épilogue. L’enquête préliminaire ouverte par le Parquet national financier (PNF) est toujours en cours, sans qu’aucune décision judiciaire n’ait été rendue à ce jour.
L’affaire remonte à juin 2018. À cette époque, Alexandre Benalla occupe encore les fonctions de chargé de mission à l’Élysée et participe notamment à la sécurité du président de la République. Selon les éléments de l’enquête, il prend part à la négociation d’un contrat de sécurité privé d’un montant de 294 000 euros avec Iskander Makhmudov, un oligarque russe. Ce dernier avait fait l’objet, en Espagne, d’une enquête pour appartenance présumée à une organisation criminelle, procédure qui avait finalement été classée après son renvoi vers la Russie.
Le contrat aurait été porté par une société disposant d’un capital social d’un euro, un élément qui a suscité des interrogations des enquêteurs. Alexandre Benalla a, de son côté, toujours contesté toute implication dans ces activités au moment où les révélations ont émergé.
Une enquête toujours ouverte
Malgré les années écoulées, le PNF poursuit ses investigations. À ce stade, aucune mise en examen, aucun renvoi devant un tribunal ni aucun classement sans suite n’ont été annoncés dans ce volet précis du dossier.
Cette durée exceptionnelle contraste avec les autres procédures liées à Alexandre Benalla, qui ont progressivement trouvé leur conclusion judiciaire.
Les autres volets clos
À l’été 2024, une juge d’instruction parisienne a prononcé un non-lieu dans l’enquête portant sur la disparition de plusieurs coffres-forts au domicile d’Alexandre Benalla en 2018, mettant fin à cette procédure.
D’autres affaires liées à l’ancien collaborateur de l’Élysée ont également donné lieu à des décisions de justice distinctes au fil des dernières années.
Emmanuel Macron non concerné par une procédure
Aucune procédure judiciaire ne vise Emmanuel Macron dans cette affaire. En vertu de l’article 67 de la Constitution, le président de la République bénéficie d’une immunité juridictionnelle pendant la durée de son mandat, ce qui le place hors de portée des juridictions pour les actes concernés tant qu’il exerce ses fonctions.
En attendant une éventuelle décision du Parquet national financier, le dossier des « contrats russes » demeure donc l’un des derniers volets non tranchés de l’affaire Benalla, près de huit ans après les faits.



