Série : Et si la démocratie n’était pas terminée ? Article 4

Dix articles pour imaginer la démocratie directe du futur

Article 4 — Manipulation, émotions, information : faut-il avoir peur de la démocratie directe ?

Parmi les objections adressées à la démocratie directe, celle-ci revient souvent :

« Le peuple est trop influençable. »

Les citoyens seraient soumis aux médias, aux émotions, aux campagnes d’opinion, aux réseaux sociaux, aux fausses informations.

Dans ce contexte, confier davantage de pouvoir directement aux citoyens semblerait dangereux.

Cette inquiétude mérite d’être prise au sérieux.

Car aucun être humain n’est totalement rationnel.

Nous sommes tous influencés :
par nos émotions,
notre environnement,
nos habitudes,
nos proches,
nos sources d’information.

Mais une question mérite d’être posée :

les élus échappent-ils à ces mécanismes ?

Les responsables politiques lisent les médias.

Ils subissent la pression de leur entourage.

Ils sont sensibles à l’opinion publique.

Ils rencontrent des groupes d’intérêt.

Ils arbitrent parfois sous contrainte du temps, de la communication ou du calendrier électoral.

Autrement dit :

la démocratie représentative n’a jamais supprimé l’influence, au contraire.

Elle a surtout déplacé le lieu où la décision finale est prise.

Et c’est peut-être ici que le débat devient intéressant.

Lorsqu’un système concentre le pouvoir sur quelques centaines d’élus, l’influence peut se concentrer elle aussi.

Lorsqu’un système distribue davantage le pouvoir parmi plusieurs millions de citoyens, l’influence devient plus diffuse — mais aussi plus difficile à organiser entièrement.

Aucune des deux situations n’est parfaite.

La question n’est donc peut-être pas :

« Peut-on éliminer toute manipulation ? »

Mais :

« Qui doit garder le dernier mot malgré l’existence inévitable des influences ? »

Une démocratie directe ne devrait pas prétendre créer des citoyens parfaits.

Elle devrait chercher à créer de meilleures conditions de décision :

  • pluralité des arguments ;
  • transparence des intérêts ;
  • temps de réflexion ;
  • débats contradictoires ;
  • accès aux sources ;
  • droit à l’erreur et possibilité de corriger.

Et si le problème n’était pas que le peuple puisse être influencé…

mais que nous n’ayons pas encore construit les institutions permettant aux citoyens de décider dans de bonnes conditions ?

Question au lecteur :

Ferions-nous davantage confiance à une décision citoyenne construite collectivement, le peuple informé conservant le dernier mot… ou à celle de quelques centaines d’élus ?

1 réflexion sur “Série : Et si la démocratie n’était pas terminée ? Article 4”

  1. Les élus réagissent à l’actualité et vite ! Une fillette défigurée par un Rockwell (?) a suscité une loi contre ces races.
    Avec un RIC le temps serait plus long…Pour y réfléchir!

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Retour en haut